samedi 22 décembre 2012

Les bambins du couvent de Mahebourg fêtent noel à leur façon

Et c’est parti ! Les bambins sont fin prêts pour une promenade à la Vallée de Ferney. T-shirts aux couleurs d’arc-en-ciel, des shorts pour mieux marcher, des baskets aux pieds, sans oublier la casquette pour se protéger du soleil. Débordant d’énergie, ces jeunes orphelins âgés de 8 à 11 ans abordent cette journée ensoleillée avec le sourire aux lèvres, exaltant de la bonne humeur.


Ayant vécu dans un foyer dès leur plus jeunes âges, les enfants du couvent de Mahébourg savent exactement ce qu’évoque le mot famille, car ils sont habitués à s’entraider. L’aîné du groupe, Cédric, nous conte son histoire : « Mo tou sel depi tipti, mais grace à sa foyer-là, mo senti moi bien entouré et mo pa manke narnier ».

Tout cela montre que ces jeunes enfants de demain ont une autre facette de leur avenir et il y a un en particulier, un petit gaillard, se prénommant Jason, qui se voit médecin quand il sera grand. Agé tout juste de 9 ans, celui-ci est le plus fragile du groupe mais ne désespère pas, car il veut réaliser son rêve.

Cette journée était tellement attendue que tous les bambins sont exaltés de pouvoir se retrouver dans la nature. Dans le van, des chants de joie et le fameux cri : « Appiyer, soffer, pa dormi ! » se font entendre le long du trajet. Les enfants, voulant s’amuser, ne savent en rien ce que les mayens ont prédit, mais ils veulent tous une chose : c’est que cette journée soit mémorable.

Ils couraient de gauche à droite sans prendre de répit et c’est là que Juliette Babet, l’une des coordinatrices nous conte qu’ils n’ont pa une vie facile, mais que ce n’est pas cela qui les empêche de vivre au jour le jour et de croquer la vie à pleines dents.

« Laisse li, moi mo pa lé cado ar bolom
noel parski mone faire toi gagne dimal » 


Après cette journée excitante, un des petits marmailles dit en souriant : « Mo vente pé criyer famine ! » et c’est là qu’ils retournèrent au foyer. La grillade party débute par les cris et les pleurs du petit Jason, car l’un des aînés a impunément passé du dentifrice sur son visage. Punit, Stan, voulant se faire pardonner, lui dit tout gentiment « laisse li, moi mo pa lé cado ar bolom noel parski mone faire toi gagne di mal ». Manifestement, tous deux se chamaillent comme chien et chat, mais ils s’aiment malgré tout.

La Noël, pour certains d’entre eux, évoque le jour du partage et pour d’autres les cadeaux tant attendus. Malheureusement, plus d’un sera déçu. « Nous n’avons pas suffisamment de fonds pour pouvoir leur donner ce qu’ils ont demandé. Mais ils ne ressentiront pas ce manque, car nous leur donnons tout l’amour qu’il faut, » nous dit Madame de L’estrange.
Heureusement pour ses petits bambins, ce n’est pas la fin du monde qui les intéresse mais plus particulièrement leur journée. Ils ne partent pas faire du shopping ou de manger des bons plats tous les jours mais ce n’est pas cela qui les empêche d'avoir le sourire aux lèvres dès qu’on les aperçoit.

vendredi 21 décembre 2012

Noël se prépare, dans les magasins comme dans les foyers

Tous s’activent ! À quelques jours de la Noël, les couleurs sont vives, les rues bondées et l’ambiance à la fête. Si Noël est tant attendue, sa préparation en constitue une majeure partie.


Du coté des commerçants, le stock de produits est déjà prêt. Quelques jours plus tôt, les commandes – plus grosses qu’à l’accoutumée – sont passées. On y découvre une très grande variété de produits, les vêtements pendent le long d’une chaine en plastique, les vitrines remplies de portefeuilles, des gadgets décoratifs, on y trouve déjà le matériel scolaire, sans oublier les jouets qui s’accrochent  à même le plafond, pour le plus grand bonheur de chacun. Mais ce n’est pas seulement la multitude qui attire les clients.

« La fin lané sa mem period
nou travail pli bocou.
»


Je rencontre Mr. R.Mathurasingh, le propriétaire de la boutique ‘Festival Cadeau’ qui se situe à l’entrée même de l’arcade Salafa à Curepipe, qui me fait part de ses astuces pour attirer la clientèle. « Mone décoré impé partou avec bane couler Noel mem. » En effet, le magasin est garni de ballons en dorés et verts, suspendus un peu partout, de rubans rouges qui ornent les espaces vides. Évidemment, le traditionnel sapin de Noël décoré de guirlandes illumine déjà le centre de la boutique. Selon l’employeur cela met déjà tout le monde dans l’esprit de Noel. « Entouka sa fer bien plezir mo bane travayer. »

Qui dit plus de travail dit plus d’employés. « La fin lané sa mem period nou travail pli bocou. » Ainsi, le propriétaire de ‘Festival Cadeau’ a déjà pris ses dispositions. Le magasin compte depuis la fin de novembre 12 employés. « Nou employe temporairemen bann zen collégiens en vacans, qui ant 16 ans a monté coumsa kan client baissé en janvier employer aller akoz lekol rantre. Li pli pratik », nous confie Mr. R.Mathurasingh. En principe, la boutique n’a qu’une petite équipe de 5 personnes, mais pour accueillir ce flot de personnes qui viennent en famille trouver leur bonheur et leur permettre plus de temps que d’habitude pour leurs achats, l’équipe a dû se renforcer.

La Noël est connue comme une fête traditionnelle
mais surtout familiale


Si le magasin ouvrait ses portes de 9 heures à 18 en jours de semaines sauf jeudis et dimanches, il ouvre depuis le jeudi 20 décembre, soit 5 jours avant le jour J, jusqu'à 23 heures. Le propriétaire nous affirme même que les portes du magasin ouvriront jusqu’à minuit ou 1 heure du matin le 25 et 31 décembre. Et pour être certain de réussir à assurer toutes ces heures de travail. L’équipe use d’une bonne vieille stratégie bien efficace. « Noune obligé établir ene nouvo shift de travail ant bane travailler.ena ki rant ant 9 her ek 5 her et lot parti pran relev 5 her ziska fermé.nou pou aller coumesa ziska le 31.nou profité pou travay maximum.nou pa fer noel en fami kuma tou dimoune

Justement, la Noel est connue comme une fête traditionnelle mais surtout familiale. Si monsieur R.Mathurasingh, lui, fête Noel au boulot, ce n’est pas le cas de Gilbert Mathiot. Car lui et son épouse, Jeanne, bien décidés à faire Noël en famille, ont pris des congés en même temps que les vacances de leurs enfants. « Ene lané net nou travay, mai sa bane lepok-la nou pran congé. Nou atas bocou limportans a la famiy », nous confie monsieur Mathiot. Et puis « nou ena telman kitsoz pu fer ki si nou travay tou pou rest coumsa mem. » Entre les enfants qui passent déjà leur commande de cadeaux et le shopping pour les trouver, les parents ne savent plus où donner de la tête.

Objectif : Nouvel an, nouvelle déco,
du changement et de l'ordre partout


En effet le shopping forme une partie importante de la Noël. Mis à part les présents qu’on mettra autour du sapin, il y a de tout à trouver. C’est aussi une chose qu’on fait en famille chez les Mathiot. « Nou profité couma magasin pe ouver ziska tar pou aster nou bann zafer. Moi mo rest encor pou rod bann rido, zouzou bann zenfant et décoration pou met lor sapin. Et missie ena pou pren encor la peintire. En mem tan bann zenfan rod rode ki zot envi. Nou tou nou pou rod ene ti linz nef pou sorti pou al la mess tousala. Apres nou bizin aste sapin », déclare la jeune maman. Et pour eux, la préparation de Noël ne s'arrête pas là, car il reste aussi à finir ce que nous appelons « louvraz lané » avant de pouvoir en profiter.

La maison, le toit, le garage, la cour, tout connaitra un grand nettoyage de fond en comble avant les fêtes. Objectif: nouvel an, nouvelle déco, du changement et de l’ordre partout. Pas question de chômer malgré le congé. « Nou anvi akey lané dans la propreté, c’est oci ene genre de tradition. » nous confie le chef de la famille. Si dans le salon, maman s’occupe des rideaux, dans les chambres, papa se charge de repeindre et de tout remettre à neuf. Même les enfants sont à la tâche. A leur niveau, eux aussi tentent tant bien que mal d’aider maman ou papa en attendant le moment tant attendu pour décorer l’arbre de Noël.

«  Ceki pa manké, c'est la limiere,
samem toute la beauté de Noël »


« Nou pa met bocou decoration, nou concentré plis lor sapin, mai ceki pa manké, c’est la limiere qui nou met impé partou pu éclaire nou lakaz, samem toute la beauté de Noël. » Sur les marches de l’entrée, les Mathiot accueilleront les autres membres de la famille et les amis avec un grand vase couleur terre que Madame Mathiot a pris soins de remplir de jolies fleurs assorties, et sur la terrasse, une longue ligne de petites ampoules lumineuses illumineront l’entrée. Pour la décoration du sapin, les enfants ont pour couleur principale opté pour une couleur vive qui illustre bien l’esprit de Noël : le rouge. Sans oublier bien sûr les lumières et la grande étoile tout au bout du majestueux arbre de Noël

Les jours qui précèdent Noël sont tout aussi traditionnels que la fête elle-même, c’est aussi un bon moyen de se rapprocher de la famille et de rattraper le temps perdu. En tout cas, tous mettent la main à la pâte en attendant le jour J.

La Plaine-Verte, quelques jours avant la Noël

Il est 10h00 en ce Vendredi matin le 21 décembre 2012. On peut voir plusieurs marchands ambulants qui longent les deux côtés de la rue Magon. Abrités sous une grande tente, ils exposent leurs produits d’une façon attrayante et affutent leurs armes pour attirer les clients. La rue grouille de monde. Des jouets pour enfants, des guirlandes et des objets de décoration pour le sapin, des pères Noël en miniature sont mis à l’avant plan par les marchands.


Les commerçants accueillent les clients avec le sourire aux lèvres. Les jouets qui sont en vente sont à la portée de toutes les bourses. L’incontournable poupée Barbie, la dinette, le fer à repasser et la machine à coudre attirent les petites filles en grand nombre. Azad Hossenbocus nous explique qu’il fait de bonnes affaires en cette période de Noël et ajoute aussi avec un brin de fierté que ses prix défient toute concurrence. Les marchands se réveillent très tôt pour s’occuper de leur ménage, après quoi ils se dirigent vers leur lieu de travail en van ou en voiture. Beaucoup sont ceux qui sont épaulés dans leurs tâches par leurs enfants qui sont en période de vacances. « Mo pe aide mo mama pendant vacances. Nou pe vend jouets pour Noel,» souligne Krish Bissoo, un garçonnet de 10 ans.

Les poupées rencontrent toujours un grand succès chez les petites filles

D’autre part, le choix des garçons se porte surtout sur les véhicules télécommandés, les fusils et les jeux éducatifs. Madame Peeroo, une mère, nous dit d’emblée qu’elle a consacré un petit budget pour faire plaisir à ses deux fils de 4 ans et 7 ans respectivement. « Comme mes deux enfants ont été sages pendant toute l’année, je suis venue leur acheter un jeu vidéo et une voiture télécommandée comme ils me l’ont demandé », ajoute-t-elle. Chez les marchands, les articles qui ont la cote chez les adolescents sont les lecteurs MP3, MP4, les jeux vidéo et d’autres accessoires pour le téléphone portable.

Le choix des garçons se porte surtout sur les véhicules télécommandés


Ce qu’on a pu constater cette année, c'est que les gens achètent d’une façon réfléchie. Ils marchandent pour avoir le meilleur prix, la crise économique oblige.

Taariq Hussein Dooreemeah