dimanche 10 mars 2013

Salon du Livre Confluences 2013 : Fanio Guillaume slamme son amour pour les livres



« Pas besoin d'un ciel étoilé pour écouter les rires d'un petit prince. Joseph Zobel, La rue Cases-Nègres, L'enfant noir, Camara Laye, trois livres dans mon cartable » 

Fanio Guillaume, 28 ans, se dit inspiré par ces « trois livres dans [son] cartable ». Bien plus qu'un beau ciel étoilé, il a su trouver les rires d'un enfant qu'il fait représenter par « les rires d'un petit prince », dans ces livres. S’il nomme ces livres dans son slam, qui d'ailleurs n'a pas de titre, c'est que ces livres ont marqué toute son enfance.

Fanio Guillaume aime les livres, et le dit dans son slam
« Je slamme mes mots... les mots... ces mots au Salon du Livre édition 2013 pour parler de mes 13 et parler de ces livres qui m'ont sauvé de tous ces blèmes »   
( « 13 » veut dire problème dans le language des jeunes, de même que « blème »)

Les mots sont pour Fanio une raison d'être, la plume c'est son arme. Il se rappelle avec une pointe de nostalgie quand sa mère le poussait à aller à l'école alors qu'il se disait toujours très malade. Aujourd'hui il se dit heureux car il a évité tous les fléaux sociaux qui touchent les jeunes grâce aux livres et à l'éducation. Maintenant il peut « parler de ces livres qui [l]'ont sauvé ». 

« Jeune, pense à lire, pense à écrire, pense à ta vie sans ce livre »

C'est par le biais de son slam engagé qu'il a choisi de toucher les jeunes collégiens qui étaient présents au Salon du Livre édition 2013 et c'est par un conseil aux jeunes qu'il terminera son slam.

Salon du livre Confluences 2013 : Le rendez-vous des livres de l’océan Indien



Le Salon du Livre, qui se tient jusqu’à aujourd’hui au Centre Swami Vivekananda à Pailles, est une bonne occasion de découvrir les livres écrits par des auteurs de l’océan Indien. Deux stands ont particulièrement retenu notre attention : la Réunion des Livres et No comment.


La Réunion des livres publie des auteurs de tout l'océan Indien
Le nom du stand est évocateur, La Réunion des Livres. Sur la table trônent des livres pour enfants aussi bien que des romans et des recueils de poèmes, écrits par des auteurs réunionnais, mais aussi seychellois, comoriens ou encore mauriciens. Mme Laurence Macé nous explique que la mission de leur association est de « promouvoir la littérature et les éditeurs de l’océan Indien ». Jason Rimain, un lecteur Mauricien, est enthousiaste : « Ces livres attirent immédiatement le regard. Ils sont colorés et nous incitent à nous rapprocher. »

La Réunion des livres organise aussi des manifestations du livre pour encourager la coopération éditoriale régionale. « C’est une façon de donner l’envie aux lecteurs de se remettre à la lecture. L’association œuvre au quotidien pour la promotion du livre auprès du grand public, » explique Mme Stéphanie Vitry. Ces deux jeunes femmes, bibliothécaires à la Réunion, racontent aussi qu’à chaque salon du livre, elles se déplacent pour « développer les rencontres littéraires entre artistes et lecteurs. » Elles ne sont pas les seules à accomplir cette tâche, car un peu plus loin, nous retrouvons un écrivain français.

Alexis Villain devant son stand au Salon du livre Confluences 2013
Les auteurs malgaches sont à l'honneur chez No comment
« Excusez-moi si je ne peux pas vous parler à haute voix ; j’ai perdu ma voix à force de parler. » Alexis Villain est écrivain et éditeur chez No comment. Français, il a vécu plusieurs années à Madagascar, où il a lancé un magazine et mis sur pied une petite maison d’édition. Dans le roman qu’il a lui-même écrit, il parle de Madagascar. « Il n’est pas nécessaire d’être malgache pour parler de ce pays, on peut tout à fait être belge ou français et parler d’autres états » nous conte celui-ci.

No comment publie plusieurs types de livres, dont un guide humoristique « de survie » à Madagascar ou des romans policiers. Un beau livre photo présente également l’œuvre de Pierrot Men, un grand photographe malgache qui a fait un album photo où « il met en valeur les femmes malgaches dans tous leurs aspects. » « Elles peuvent être pauvres ou des femmes d’affaires,  il n’a pas de limite. » Son jeune compatriote Rijasolo poursuit actuellement la même voie, car celui-ci « met l’accent sur les photos prises de nuit, afin de montrer les différents angles. »

Gabriella Lafrance

Salon du Livre Confluences 2013 : Un livre pour « changer le regard sur le SIDA » [interview]

Vera Fon Sing est une citoyenne mauricienne qui milite en faveur des personnes atteintes du VIH Sida. C'est dans cette optique que cette travailleuse sociale établie en France a écrit un livre photographique qui s'intitule « VIH POZITIF, rankont autour enn réalité morisienne ».

 

Vera Fon Sing : des images « souriantes et vivantes » des séropositifs, afin de « remettre l'humanité derrière ce virus »

Pourquoi un livre?


Parce-que je ne suis pas cinéaste ! (rire). L'idée de base de cette initiative était de faire passer un message à travers des photos. Des photos de personnes atteintes de ce virus, mais pas mourantes, plutôt souriantes. J'ai pensé à les mettre dans un livre avec les citations et les témoignages de ces personnes, car un livre c'est quelque chose qui reste à travers le temps, qui peut toucher tous les âges.

Quels étaient vos objectifs?


Le but est de changer le regard sur ces personnes malades. Les photos ont pour objectif d'interpeller les gens sur cette maladie. Ce sont des photos souriantes et vivantes de ces personnes séropositives. Ceci n'est pas anodin, car j'ai voulu remettre l'humanité derrière le virus. Montrer que la personne ne se résume pas à un virus, elle peut être une mère, une sœur, un frère ou un père.

Avez-vous d'autres projets?


Oui, bien sûr, le combat ne s'arrête pas là. Je suis actuellement en train de faire les démarches nécessaires pour rendre ce livre international. Le livre est en créole, mais il est accompagné de sa version française.

samedi 9 mars 2013

Salon du Livre Confluences 2013 : Le slam est au rendez-vous

Au loin, on peut entendre des déclamations poétiques dans le premier Salon du livre qui se tient jusqu’au dimanche 10 mars au centre Swami Vivekananda à Pailles. Sur une petite estrade, un garçon vêtu d’une chemise rouge à rayures blanches, d’un pantalon et d’une casquette noirs, demande tout bêtement à une collégienne de London « Elle est belle ma chemise ? »


Giovanni, slammeur, a assuré une animation
 « Donnez-moi trois mots et je vous balance un texte » demande ce slammeur aux spectateurs. Les trois mots sont lancés : « sincérité, chemise et unité » Giovanni, jeune slammeur âgé de tout juste 25 ans, a mis en œuvre sa passion ce vendredi 8 mars 2013 devant des étudiants venant d’écoles se trouvant tout autour de l’ile.

Je suis « tout simplement un jeune slammeur » dit ce jeune homme dans l’un de ses textes. Tout le monde a les yeux braqués sur lui et même ceux à qui cet art n’évoque rien prennent le temps de s’arrêter et de l’écouter. Quand il a eu fini, des applaudissements enthousiastes se sont fait entendre. Autodidacte, ce jeune homme est aussi un musicien de chansons engagées et n’a pas eu beaucoup de formation.

Steph H 2K l’a aidé dans sa carrière et il a aussi rencontré Jamel Colin, qui est un slammeur professionnel à Maurice. Il y a neuf ans, Giovanni était un collégien comme les autres, mais à seize ans, cet élève de Saint-Andrews a fait ses débuts durant la fête de l’Indépendance. Depuis ce jour, il a continué son parcours en faisant la coupe de la ligue de slam de France à Tour et il a acquis « pas mal d’énergie après avoir rencontré les meilleurs slammeurs ».

Il se consacre d’ores et déjà « plus à l’organisation » afin de se retrouver sur la plus haute marche pour les prochaines compétitions. Il a organisé les tournois de slam inter collège régionaux et nationaux, et annonce déjà un tournoi inter Mascareignes qui aura lieu à la fin de l’année ou l’an prochain. Cette compétition donnera la chance aux quatre meilleurs slammeurs de chaque pays de se mettre à nu sur une scène pour exposer leur talent.

Gabriella

Salon du Livre Confluences 2013 : Les enfants ont aussi leur Salon

Le Salon international du Livre se tient jusqu'au 10 mars 2013 au Centre de Convention Swami Vivekananda à Pailles. « Confluences 2013 » est l'occasion pour les lecteurs de faire le plein de nouveaux livres, mais permet aussi aux enfants de se familiariser avec la lecture.


Les enfants n'ont pas été oubliés pour ce premier Salon du Livre. Le ministère de l'éducation offre en effet une série de projets créatifs pour les enfants et les adolescents âgés de trois à vingt ans. Avec divers partenaires, ils proposent de multiples activités destinés aux petits, comme des spectacles, animations publiques scolaires , des ateliers collectifs à travers des illustrations, du slam, du dessin, etc.

Des enfants présentent un spectacle au Salon du Livre Confluences
Les petits ont offert divers spectacles aux visiteurs
Les enfants se pressent dans ces stands. Des slogans forts publiés sur les tableaux mettent l'accent sur un message essentiel : « There is only one race, the human race that is : mankind ». Certains sont très impressionnés par plusieurs livres de classe affichés sur le stand. Rithvick, étudiant à l'école de la Réunion Rd, montre de l'intérêt pour la lecture. « Mo pe fer CPE mo anvi emprann bocoup lor bann livres ki enan ici pou mo capav gagne ene l'idee lor banne differents sujets. » Accompagné de ses camarades de classe, il écoute assidûment les astuces et les conseils des animateurs.

Un autre stand propose des séances de dessins pour les élèves venant de différentes zones de l'île. 'Créer un livre' est un atelier qui fait utiliser différentes formes artistiques aux enfants, mais permet aussi de les sensibiliser sur certains sujets. Kavish et ses amis de Réunion Rd Gov school ont exprimé leurs idées sur le papier, car ils confirment qu'ils sont conscients du changement climatique, vu que l'année dernière Maurice a fait face à une pénurie d'eau. Ainsi, dans leur œuvre d'art, ils veulent dépeindre une histoire qui mette l'accent sur la suite des récentes grosses averses et encourage la population à ne pas gaspiller l'eau.

Les enfants ont pu participer à une animation intitulée "Créer un livre"
Les tout petits, âgés de trois à cinq ans, ont proposés un spectacle de marionnettes, la récitation des poèmes, des chants et des comptes, organisé par la Early Childhood Care and Education Authority.

Quant aux ados, ils se sont attachés à célébrer la journée de la femme à leur manière. Des étudiants de la Ebène SSS Boys et du Bon Acceuil State College ont réalisé un sketch sur un texte littéraire d'Ananda Devi, Le Voile de Draupadi. Ils ont démontré la marginalisation de la femme, la vulnérabilité de la gent féminine qui est placée hors de la société dans le monde des hommes.

Chitanjal Goolaup


Les petits aussi aiment lire


Des enfants regardent avec intérêt les livres exposés
« Mes élèves aiment bien lire malgré leur jeune âge », affirme une enseignante de la CPE qui a emmené ses élèves au salon du Livre.

Les élèves de l’école primaire du Cœur Sacré de Jesus (RCA) semblent en effet très joyeux et enthousiastes. Ils ont même apporté de l’argent pour acheter des bouquins de leur choix. « Nou contan lire livres zistoires aventures et comiques. Mais kan pena photos ou dessins dan ene livre, pena autant gout pou lire, » explique Sameera, une fillette de 10 ans.

Josiane, l’institutrice affirme qu’elle encourage énormément les enfants à pratiquer la lecture ; elle a improvisé un coin lecture en classe. Les enfants peuvent ainsi emprunter des livres et les partager entre eux.

Taariq Hussein Dooreemeah