Le problème des marchands ambulants fait débat depuis novembre dernier. Si leur relogement soulevait des questions importantes, leurs conditions de travail actuelles sont aussi pointées du doigt.
Les
marchands ambulants font partie d'une tradition à Port-Louis. On les trouve
vraiment partout. S’ils ne sont pas dans les rues, marchant ici et là pour
vendre leurs produits ou installés à même le sol, ils sont dans leur vans,
stationnés sur le côté de la route, qui est maintenant l'adresse de leur
magasin. Ce métier, il y en a qui le font depuis des lustres, mais être
commerçant, ce n'est pas chose facile.
A. travaille
comme vendeur depuis trois ans avec son oncle, à partir du van de celui-ci.
C'est lui qui se charge d'attirer la clientèle, et crie à tue-tête le nom des produits
qu'ils vendent et leur prix incroyable. Mais si on s'intéresse de près à son
business et lui pose des questions qui ne concernent pas leurs marchandises, A.
devient tout de suite très timide et déclare qu'il n'a pas le temps. On voit
tout de suite qu'il ne veut pas s'attirer encore des problèmes.
Stationnés
là où ils sont est déjà un problème qui en engendre d'autres. A cet endroit, le
stationnement est en effet interdit, et dès qu'ils attirent un peu de clientèle,
cela se remarque. Les plus mécontents sont les propriétaires des boutiques qui
longent la rue ; ceux-ci portent fréquemment plainte contre eux. Les
permis de vente des ambulants sont alors remis en questions. En effet, les
marchands ambulants ont beaucoup à faire.
« Nu pena letan lib nu, kan pena client, nu vey lapolis »
A. ne veut
pas nous consacrer son temps, car il n'est pas libre. « Nu pena letan lib nu, kan pena client nu vey
lapolis ». Les policiers sont partout et patrouillent toute la journée.
A chaque fois qu'ils passent, A. et son
oncle referment toutes les portes et décrochent toutes les pancartes. Mais ce
sont des visages habitués des policiers, malgré leurs manœuvres ils se font
tout de suite repérer.
Les risques
de saisie sont alors grands, car si après plusieurs 'warnings' les commerçant
sont toujours là, il se font dessaisir de tous leurs produits et même de
l'argent de la vente. « Nu fini
kozé, lot ku pu revini. c'est pa pu rekozé c'est pu saizi tou » dira
le policier qui passe par là pendant notre présence. Mais pourquoi les
commerçant se donnent-ils tous ce mal malgré les avertissements des policiers,
pour vendre leur produits, et cela à bon marché ?
Le saisie
des produits est déjà une grande perte, pourquoi donc vendre ses produits à bon
marché ? A cela, A. répond « Nu pa
gagne droit cré ambouteillaz, empes dimoune marsé. Kan produit la ser, dimoune
rod arété, marsandé, tandi kan li bon marsé, zot gété, asté, pran allé ».
C'est une stratégie bien calculée. « Fer
perte akoz li bon marsé mais parfois dimoune rod pren trois ou kat akoz sa mem ».
Mais pourquoi ne pas aller ailleurs?
« Dimoune kumans kone nu ici »
Ce serait
logique, pensez-vous, de bouger et d'aller ailleurs pour ne pas gêner qui que
se soit. Les marchands ambulants, eux, ne sont pas de cet avis, car même s'ils
essayent de vendre « vitement »
leurs produits, ils ont une relation de confiance avec leurs clients. « Dimoune ine kumanse kone nu ici, kan zot
linz pa bon, zot vine sanzé, zot koné kot nu été et nu pas perdi client ».
Et puis, à quoi bon aller ailleurs : « Après, si nu ale enne lot plas nu pu touzour regagne problem stationman
ek permi ankor ». Si seulement ils avaient un endroit où aller.
Le Lord
maire de Port-Louis, Aslam hossenally, affirme lui dans Le Mauricien du mardi
29.01.13 que des mesures sont prises pour un relogement dans « des conditions humaines ». Mais
faute de fonds additionnels, les marchands ambulants devront s'installer au
Ruisseau du Pouce et sur les deux autres sites aménagés à cet effet. Les
formulaires d’ « expression of
interest » seront disponibles du 4 au 6 février à la municipalité.
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