dimanche 1 décembre 2013

[Interview] Danny Philippe : « Grâce à l’échange de seringues, le nombre de séropositifs a baissé drastiquement »

A l'occasion de la journée mondiale de la lutte contre le SIDA, nous avons rencontré le travailleur social Danny Philippe, responsable de l'ONG LEAD. Il a répondu à notre question sur cette maladie qui affecte plusieurs milliers de personnes à Maurice.


Danny Philippe
Danny Philippe, responsable de l'ONG LEAD,
qui oeuvre contre le SIDA
Qui est Danny Philippe ?

Je suis responsable de l’ONG LEAD et le coordinateur national de l’AIDS Candlelight Memorial.

Parlez-moi en quelques mots de votre association LEAD ?

C’est une association qui existe depuis 3 ans. Notre but est de sensibiliser le public sur les dangers que représentent le sida et la drogue. Nous encadrons aussi les personnes atteintes du sida.



Quelles sont les principales causes du sida à Maurice ?

Ici à Maurice, la principale cause du sida demeure l’utilisation de la même seringue par les drogués. Et le virus se transmet facilement dans le sang à travers les injections.

Que faites-vous pour combattre le VIH ?

Récemment nous avons créé un centre à Rose-Hill, « Espace Jeunes », pour sensibiliser les jeunes et les membres du public sur cette maladie. Ensuite, nous avons mis le projet d’échange de seringues dans des endroits à risque.

Et les résultats sont bons ou mauvais ?

Les résultats sont satisfaisants. Par exemple, avec le programme de l’échange de seringues à Baie-du-Tombeau, le nombre de séropositifs a chuté de 900 personnes en 2006 pour atteindre les 300 personnes cette année.

Actuellement, combien de personnes vivent avec le SIDA à Maurice ?

Selon les statistiques officielles du ministère de la Santé, en mars 2013, 5577 Mauriciens étaient porteurs du VIH - 4412 hommes et 1165 femmes. Mais d’après moi, on a dépassé la barre de 10'000 séropositifs à travers l’ile.

Ce chiffre est inquiétant. Est-ce que les Mauriciens acceptent les méthodes de prévention ?

Pas vraiment, car il existe toujours un tabou autour du sexe et des méthodes de préventions dans certaines communautés.

Pour terminer, quel message voulez-vous faire passer aux jeunes ?

Je lance un appel aux jeunes qui ont un comportement à risque d’utiliser des méthodes de prévention comme le préservatif.  Et ceux qui ont des comportements à risque, je leur conseillerais de se faire dépister. Ainsi, on pourrait les encadrer et les aider.

Propos recueillis par Ashley Jacques.

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