lundi 11 novembre 2013

La femme Mauricienne victime d’inégalités : entre tradition et modernité

D’après la constitution mauricienne du 12 mars 1992, la femme est reconnue comme l’égale de l’homme. L’égalité des sexes est une des lois des droits de l’Homme et des libertés fondamentales. Malgré cela, les inégalités persistent  au travail et dans la vie de tous les jours.



La constitution Mauricienne ne contient qu’un seul article où l’on parle de l’égalité des sexes, mais on parle aussi d’autres inégalités. Cet article, est l’article 3 qui reconnait que les hommes et les femmes sont égaux en droits : « Il est reconnu et proclamé qu’il a existé et qu’il continue d’exister à Maurice, sans discrimination a raison de la race, du lieu d’origine, des opinions politiques, de la couleur, des croyances ou du sexe mais dans le respect des droits des libertés et de l’intérêt publique, tous les droits de l’Homme et libertés fondamentales. »


La constitution mauricienne accorde des droits égaux à tous les citoyens, hommes ou femmes

Journée des filles


Le 11 octobre dernier, on a fêté la journée mondiale de la fille. Cette journée est reconnue dans le monde et par l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour permettre de débattre des inégalités entre les sexes et du sort des filles à travers le monde. Cette journée sert à prendre conscience des discriminations faites à l’encontre des filles, ainsi qu’à juger de l’accès à l’éducation des filles du monde. Le 8 mars, on célèbre la journée mondiale de la femme. Lors de cette journée, en 2013, Ségolène Royal, une responsable politique Française avait soutenu que« Maurice [était] un exemple au niveau planétaire en terme d’unité de solidarité et de l’émancipation de la femme ». Elle avait tenu ces propos lors d’une cérémonie organisée par le ministère de l’Egalité du genre, du développement de l’enfant et du bien-être de la famille dans le cadre de la Journée internationale de la femme, à l’Institut Mahatma Gandhi. Ces propos ont ahuri plus d’une femme et elles ont contredit cela, car pour elles les inégalités sont très présentes à Maurice.

Les inégalités s’amenuisent, mais persistent


Les femmes sont moins nombreuses à savoir lire et écrire que les hommes, selon le recensement de la population effectué en 2011 par Statistics Mauritius. En effet, 92 % des hommes affirment être lettres, contre 87 % des femmes. Depuis 2000, l’écart entre les deux sexes s’est toutefois amenuisé.

Les femmes sont plus nombreuses à être illettrées, selon le recensement de la population de 2011


Le sociologue Rajen Suntoo affirmait toutefois au Défi Quotidien que les Mauriciens, fillesou garçons, recevaient désormais la même éducation, notamment grâce à l’éducation gratuite. De plus, pour lui, les femmes sont beaucoup plus égales aux hommes de nos jours avec la mondialisation et la modernisation de la société.

Cependant, la sociologue Pavi Rambota estime dans le même article que les enfants sont élevés différemment selon leur sexe, et cela dès que le sexe du bébé est connu. Les petites filles recevront ainsi des poupées alors que les garçons auront des petites voitures en cadeau. Loga Verasawmy, une autre sociologue, explique que les femmes sont victimes de stéréotypes comme dans les publicités où elles sont représentées comme faisant la cuisine ou le ménage. Elle explique aussi que les victimes de viol et d’inceste sont plus fréquemment des femmes que des hommes.

«  La violence est le fruit des inégalités entre les hommes et les femmes, » affirme d’ailleurs Jagadambal Jeanne dans une interview accordée à Info Réunion. Cette femme, qui lutte contre les violences envers les femmes, ajoute que ces inégalités viennent surtout de la culture et des traditions, puisque la loi considère que tous les citoyens sont égaux. De plus, en politique, les femmes sont très peu présentes. Avec son association, Jagadambal Jeanne a mis en place une campagne pour encourager les femmes à s’impliquer en politique.



Pour la population, les avis sont contrastés. On peut le voir avec le témoignage dans le Défi Quotidien d’un homme de vingt-huit ans qui travaille pour ‘ Man against violence ‘. Il s’indigne : « On doit tous s’unir pour mettre un terme aux traditions, mettre des lois pour protéger des femmes ». Quant à Jessika, qui témoigne dans le même article, elle affirme que le rôle d’un mari est de s’occuper de sa femme. Elle souhaite donc se marier avec un homme qui possédera déjà sa maison et sa voiture, et qui pourra donc subvenir à ses besoins.

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